On les voit partout : dans les bureaux de tabac, sur les réseaux sociaux, entre les mains des jeunes adultes. La puff, cette petite cigarette électronique jetable ou rechargeable, contient un liquide qui se transforme en vapeur. Mais de quoi est fait ce liquide exactement ? Contrairement à une idée reçue, ce n'est pas de l'eau aromatisée. Derrière chaque bouffée se cache un mélange précis de quelques ingrédients de base, avec des dosages qui changent tout.
Le duo PG et VG : la base invisible qui fait toute la différence
Entre 80 et 90 % du contenu d'un e-liquide pour puff est constitué d'un mélange de deux substances : le propylène glycol (PG) et la glycérine végétale (VG). Ce sont eux qui donnent sa texture au liquide et qui déterminent la sensation en bouche.

Le propylène glycol est un liquide plutôt fluide. Son rôle principal est de fixer les arômes et de produire ce qu'on appelle le "hit", cette légère contraction dans la gorge au passage de la vapeur. Plus un e-liquide contient de PG, plus le goût sera net et le hit marqué. En revanche, la vapeur produite sera moins dense.
La glycérine végétale, elle, est plus épaisse et visqueuse. Elle est fabriquée à partir d'huiles végétales. Sa mission : générer une vapeur abondante et maintenir l'hydratation nécessaire à la production de l'aérosol. Plus la proportion de VG est élevée, plus le nuage de vapeur est gros, mais la saveur et le hit peuvent s'en trouver atténués.
Le rapport entre ces deux composants varie selon les marques et les modèles de puffs. Certains fabricants ajoutent aussi de l'eau déminéralisée ou de l'alcool éthylique en très faible quantité pour fluidifier le mélange et améliorer le passage en gorge.
Les arômes : des goûts naturels ou artificiels
Les arômes représentent entre 3 et 15 % de la composition totale. Ils peuvent être d'origine naturelle ou artificielle. Le marché des puffs en propose une palette très large : tabac classique, menthe plus ou moins glacée, fruits rouges, fruits exotiques, saveurs gourmandes comme la barbe à papa ou le cookie, et même des goûts de boissons.
Un point important à comprendre : ces arômes ne contiennent pas de sucre alimentaire. Le saccharose utilisé en cuisine ne se retrouve pas dans les e-liquides. Pourquoi ? Parce que le sucre brûlerait et caraméliserait au contact de la résistance chauffante, ce qui encrasserait le matériel en quelques bouffées.
Pourtant, certaines puffs donnent une sensation sucrée. Cela vient de deux choses. D'abord, la glycérine végétale a un goût naturellement légèrement doux. Ensuite, les fabricants peuvent ajouter des édulcorants comme le sucralose, parfois appelé "sweetener" dans le jargon de la vape. Ces additifs sont utilisés en infime quantité pour renforcer la perception du goût sucré sans apporter de sucre véritable.
Les e-liquides très édulcorés encrassent les résistances plus rapidement. Plus il y a d'additifs sucrants, plus la durée de vie de la résistance diminue.
La nicotine : pas toujours présente, mais souvent dosée fort
Toutes les puffs ne contiennent pas de nicotine. On trouve des modèles sans, destinés aux personnes qui veulent garder le geste sans la dépendance. Mais la majorité des puffs vendues en France en contiennent, et souvent sous forme de sels de nicotine.
Les sels de nicotine, contrairement à la nicotine dite "base libre" utilisée dans les e-liquides classiques, procurent un hit plus doux en gorge tout en délivrant une dose élevée de nicotine. Cela permet de calmer rapidement le manque chez les fumeurs ayant une forte dépendance. Les dosages courants sont de 10 mg/ml ou 20 mg/ml, ce dernier étant le maximum autorisé en France et en Europe.
Plus le taux de nicotine est élevé, plus le hit est fort. À l'inverse, une puff sans nicotine ne produit quasiment aucune sensation en gorge, ce qui peut surprendre un ancien fumeur mais convient à ceux qui n'ont plus de dépendance physique.

Ce qui n'est pas dans le liquide : les idées reçues
Une confusion fréquente concerne la présence de sucre. Les e-liquides des puffs ne contiennent pas de sucre alimentaire. Aucun fabricant sérieux n'en ajoute, car cela détruirait la résistance. La sensation sucrée perçue vient des édulcorants et de la glycérine végétale, pas du saccharose.
Autre idée fausse : le liquide ne contient pas de produits de combustion comme le goudron ou le monoxyde de carbone, qu'on trouve dans la fumée de cigarette classique. C'est d'ailleurs ce qui rend la puff moins nocive que le tabac, même si les effets à long terme de l'inhalation de ces composants ne sont pas encore totalement connus.
Enfin, certaines personnes s'inquiètent de la présence de produits toxiques cachés. En France, les e-liquides sont soumis à une réglementation stricte. Les ingrédients doivent être listés et les taux de nicotine respecter les limites légales. Cela n'empêche pas des effets secondaires possibles : le propylène glycol peut assécher la bouche ou irriter la gorge et les yeux, surtout chez les personnes sensibles ou allergiques.
Le sel de nicotine : une spécificité qui change l'usage
La plupart des puffs utilisent des sels de nicotine plutôt que de la nicotine classique. Cette différence de formulation a un impact direct sur l'expérience de vapotage. Le sel de nicotine permet d'atteindre des taux élevés sans agresser la gorge. Résultat : on peut inhaler une dose importante de nicotine en quelques bouffées, ce qui rapproche la sensation de celle d'une cigarette traditionnelle.
C'est un point crucial pour comprendre l'attrait des puffs chez les fumeurs. Mais c'est aussi ce qui peut les rendre plus addictives pour quelqu'un qui ne fumait pas avant. Une puff à 20 mg/ml de sels de nicotine délivre une dose équivalente à plusieurs cigarettes en très peu de temps. L'utiliser sans dépendance préexistante expose à un risque réel de développer une addiction à la nicotine.
Comment choisir son e-liquide de puff selon ce qu'on cherche
Le choix d'une puff ne se résume pas à une question de goût. La composition du liquide détermine l'expérience et l'effet recherché.
| Critère | Ce que ça change | Pour quel usage |
|---|---|---|
| Taux de nicotine (0, 10 ou 20 mg/ml) | Hit en gorge, rapidité d'action sur le manque | Fumeur régulier : 20 mg/ml. Fumeur occasionnel : 10 mg/ml. Sevrage avancé : 0 mg/ml |
| Proportion PG/VG | Saveur et hit (PG) vs volume de vapeur (VG) | Recherche de sensation en gorge : plus de PG. Gros nuages : plus de VG |
| Présence d'édulcorants | Goût sucré mais encrassement plus rapide | Préférence pour les saveurs gourmandes, mais durée de vie de la puff réduite |
| Sels de nicotine vs nicotine classique | Hit plus doux, absorption plus rapide | Fumeurs cherchant à reproduire la sensation d'une cigarette |
Un point de vigilance avant d'acheter sa puff
La composition du e-liquide d'une puff est simple sur le papier : base PG/VG, arômes, éventuellement nicotine et parfois des édulcorants. Mais cette simplicité cache des différences importantes entre les marques. Tous les fabricants ne respectent pas les mêmes standards de qualité. Certains ajoutent des additifs inutiles ou utilisent des arômes de moindre qualité.
Vérifier l'étiquetage est le seul moyen de savoir ce qu'on inhale. Les informations sur les taux de nicotine, la présence de sels de nicotine et la liste des ingrédients doivent être lisibles. Si ce n'est pas le cas, mieux vaut passer son chemin.
La puff reste un outil conçu pour aider les fumeurs à arrêter le tabac, pas un produit de consommation courante. Son e-liquide, même mieux contrôlé que la fumée d'une cigarette, n'est pas anodin. Le propylène glycol peut irriter, les arômes inhalés à long terme ne sont pas encore totalement évalués, et la nicotine reste une substance addictive. Si vous ne fumez pas, il n'y a aucune raison de commencer à vapoter.
